Vieille connaissance (part.1)
Les Cyberlégionnaires étaient des fanatiques prônant le remplacement de tout organisme biologique par des organismes cybernétiques. L’alliance de l’Animé et de l’Inanimé. Tout une programme.
Je connaissais ce groupuscule pour l’avoir surveillé durant un temps pour le compte de Crey Industry. Il était constitué d’individus impitoyables et sans scrupule. La CyberLegion avait réussi à débaucher quelques uns des meilleurs spécialistes en cybernétique de Paragon City. Cela lui conférait une incroyable avance technologique dans ce domaine. Leurs créatures, dénuées de tout sentiment, étaient extrêmement efficaces lors de leurs missions. Crey Industry avait bien tenté d’en capturer quelques spécimens. La mission avait été couronnée de succès mais le prix en matériel avait été très élevé. Ce faisant, l’entreprise de la Comtesse s’était ainsi révélée au yeux de la CyberLegion comme étant son ennemie. Et les Cyberlegionnaires avaient une très bonne mémoire…en silicium.
Je devais donc faire très attention où je mettais les pieds sinon j’allais me retrouver entre le marteau et l’enclume. Crey Industry n’était plus l’unique ennemi, les truands des Insoumises observaient aussi. Je m’interrogeai : pourquoi voler un dossier à Dark Freeman alors que les Cyberlegionnaires auraient très bien pu s’attaquer directement à la Comtesse? En quoi le projet Veritas les intéressait-il ?
Je questionnai Dark Freeman, occupé à donner des consignes à ses Yakusas. Il semblait préoccupé par cette affaire de vol.
« Que contenaient ces dossiers ?
- Difficile à dire, me répondit-il d’un ton soucieux. Ce sont des informations fragmentaires récoltées depuis des années. Le problème est que ces dossiers sont codés. Mes scientifiques ne sont pas encore parvenus à en décrypter le contenu. Leur importance doit être élevée étant donné l’extrême difficulté que nous avons eue à les obtenir.
- Pourquoi chercher ces documents ? En quoi voler ces informations à Crey Industry peut-il vous être utile ? insistai-je.
- Disons que les informations de ce type peuvent se monnayer, me répondit-il en évitant mon regard.
- Vous mentez, Dark Freeman. Vous vous impliquez bien plus que vous ne voulez bien le montrer. » répliquai-je d’un ton sec.
L’oyabun s’éloigna en me faisant signe de le suivre, désirant apparemment trouver un endroit tranquille afin de poursuivre la conversation. Il me fixa de son regard acéré.
« Je vois que je ne peux rien vous dissimuler, Monsieur Verdad. Fort bien. Sachez que, malgré les apparences, je ne suis pas un criminel. J’ai voué ma vie à détruire les structures criminelles de l’intérieur et je poursuis cette tâche. Combattre le feu par le feu.
- Nous nous entendons sur ce point.
- Je sais que les visées de Crey Industry ne sont pas ce qu’il y a de plus honnête. Leur soif de pouvoir est grande. Comme vous, j’ai aussi été l’objet d’expériences.»
Les sourcils de Dark Freeman se froncèrent. Je ne jugeai pas utile de poursuivre sur ce sujet
« Je vais mener mon enquête de mon coté, oyabun, poursuivis-je. Je vous serai reconnaissant de me prévenir si, de votre coté, vous apprenez certaines choses. »
« Au fait, un jeune garçon m’a donné ceci, ajoutai-je en tendant le tract reçu plus tôt dans la journée. Savez vous qui écrit ce journal « Underground » ?
- Non, je l’ignore, me répondit Dark Freeman qui jeta un bref regard au tas de papier recyclé. Par quel moyen pourrais-je vous contacter, Monsieur Verdad ?
- Passez une annonce dans le Paragon City Times. A l’attention de Mr V. Merci de votre accueil. Et désolé pour le désordre, ajoutai-je en désignant l’amas de fils et de métal enchevêtrés tout en sortant de la pièce.
Je retrouvai Red Fire accoudé au comptoir du bar, en pleine discussion avec deux demoiselles qui m’auraient paru charmantes quelques mois plus tôt.
« Verdad, j’te demande pas si tu veux prendre un verre ? me demanda-t-il ironiquement.
- Question inutile, en effet. Je vais continuer mon enquête. J’aurais besoin d’un service…
- Tu me prends pour une agence d’escorte ? »
Je supposai que cela devait être son genre d’humour.
« Nenni. J’aimerais avoir quelques informations à propos de ce journal, «Underground». L’auteur de ce journal semble posséder un bon réseau d’informateurs. Je veux savoir ce qu’il en est réellement.
- Ok. Je verrai ce que je peux faire. Tu vas où de ton côté ?
- Un vieil ami à voir.»
à suivre ...